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Armand Kessler, au fauteuil de ce cursus

Une façon d'enseigner la psychanalyse : lentement, par les textes, sans jargon pour le plaisir du jargon.

Une main qui écrit à la plume sur une feuille, près d'une fenêtre, un livre rouge à côté

Armand Kessler présente le cursus, en choisit l'angle et signe les articles du carnet du divan. Son idée tient en une phrase : la théorie n'a d'intérêt que si elle rend l'écoute plus juste.

D'où vient son goût pour la discipline

Il y est venu par les livres, comme souvent. Un volume de Freud ouvert un peu par hasard, des phrases qu'il ne comprenait pas et qui le tenaient éveillé. Ce qui l'a retenu, ce n'est pas la doctrine : c'est la manière dont un texte du début du siècle dernier continuait de décrire des scènes d'aujourd'hui. Un oubli, un mot qui dérape, un rêve qui revient. Le reste a suivi, et la lecture est devenue une habitude de travail.

Il le dit sans détour : on apprend mal la psychanalyse en survolant. Il faut des textes, des cas, du temps, et quelqu'un pour mettre les choses dans l'ordre. C'est ce qu'il apporte au cursus.

Sa façon d'enseigner

Il part du cas, puis il remonte vers le concept. Il aime qu'une notion arrive au moment où elle devient utile : le transfert quand on a vu une séance, le complexe d'Œdipe quand on a lu l'Homme aux loups. Il tient à ce que chaque module se termine par quelque chose à faire : un exercice, un quiz, un petit texte à rédiger.

Il écrit en phrases courtes. Il explique les mots techniques une fois, proprement, puis il les emploie. Et il aime la précision : pulsion n'est pas instinct, refoulement n'est pas oubli. Ces écarts, dit-il, sont ceux où l'écoute commence.

Ses partis pris

  • Lire Freud lui-même. Les résumés de résumés déforment. Il y renvoie dès qu'il le peut.
  • Mettre les héritiers à leur place. Lacan, Klein, Winnicott, Dolto, Jung : on ne les comprend qu'en voyant ce qu'ils ont repris et ce qu'ils ont refusé.
  • Dire les critiques. La discipline a ses contradicteurs, scientifiques et philosophes, et le cursus les expose, parce qu'un étudiant solide connaît les objections.
  • Garder un cadre clair. Il rappelle volontiers la différence entre psychiatre, psychologue, psychothérapeute et psychanalyste, parce que chacun a sa place.

Ses conseils récurrents

Prenez un carnet et notez vos rêves. Lisez un peu chaque jour plutôt que beaucoup une fois par mois. Ne cherchez pas à interpréter vos proches : exercez votre écoute avant votre parole. Et commencez votre propre analyse quand l'envie vous en prend, car aucun cours ne remplace cette expérience-là.

Ses agacements aussi sont connus : les formations bâclées qui promettent un titre en un week-end, les raccourcis qui font passer une idée pour une preuve, les vocabulaires savants lancés pour impressionner. Il préfère un cours d'une page claire à dix pages de brouillard.

Il revient régulièrement sur les mêmes questions : l'inconscient, le transfert, l'interprétation des rêves, le déroulement d'une cure. Les articles du carnet en gardent la trace.

Pour commencer avec lui

Lisez un article, faites le premier exercice du cursus de l'intérieur, puis ouvrez le module I. Le mois de garantie suffit pour savoir si sa méthode est la vôtre.

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